Presse

Conférence de presse du 3 février à Berne

Dossier de pressse

  1. Communiqué de presse (Cf. ci-dessous)
  2. Texte de la conférence (Cf. ci-dessous)
  3. Communication au Bureau du procureur de la CPI (Sur ce site – Page Dénonciation)
  4. Premiers soutiens (Sur ce site – Page Dénonciation)
  5. Entre la Suisse et Israël : une étroite coopération (Sur ce site – Page Complicité)
  6. Ce que la Suisse doit faire (Sur ce site – Le droit)
  7. Campagne nationale de soutien sur Campax

1. Communiqué de presse

Le 3 février, 25 avocats·es de toute la Suisse dénoncent le conseiller fédéral Ignazio Cassis auprès du bureau du procureur de la CPI – Cour pénale internationale – pour complicité de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et de génocide. Cette action est comparable à celles menées en 2025 en France et en Italie.

Elle est soutenue notamment par un ancien Secrétaire Général du DFAE, un ancien secrétaire d’Etat adjoint du DFAE, d’autres diplomates ou encore le réalisateur du film “Un juif pour l’exemple”.

De la Shoah à Gaza, l’histoire se répète pour la Suisse 

La Suisse a collaboré avec le régime nazi nous rappelle Jacob Berger, le réalisateur du film “Un Juif pour l’exemple”. Il a fallu attendre 1995 pour que le conseiller fédéral Kaspar Villiger présente ses excuses : “Nous avons autrefois fait le mauvais choix au nom d’un intérêt national pris dans son sens le plus étroit. Le Conseil fédéral regrette profondément cette erreur et tient à s’en excuser, tout en restant conscient que pareille aberration est, en dernier lieu, inexcusable.” 

Et Jacob Berger de s’étonner : “Que s’est-il donc passé ces dernières années pour que, sous la direction du conseiller fédéral Ignazio Cassis, la Suisse décide de renoncer à ces principes face aux crimes d’un gouvernement allié, en l’occurrence le gouvernement israélien ?”

Collaboration factuelle de la Suisse

La Suisse aime se présenter comme un pays neutre, humanitaire et attaché au droit international. Mais les faits racontent une autre histoire. La Suisse n’est pas un observateur impartial. Elle participe à une étroite coopération militaire et industrielle avec Israël dans le domaine de l’armement.” Le décor est planté par Me Marcel Bosonnet, avocat spécialiste en droit pénal suisse et international.  

Il complète : “Entre 2013 et 2025, des représentants du Département fédéral de la défense se sont rendus plus de 1 200 fois en Israël. Rien qu’en 2024 et 2025, 25 voyages ont été effectués par le « Commandement des opérations », l’unité responsable de toutes les missions de l’armée suisse. L’objet de ces voyages, le nombre et l’identité des participants, ainsi que leur durée, sont tenus secrets. On est loin de la transparence. Et de la neutralité.

Il dénonce aussi le fait que “des hauts fonctionnaires suisses ont pris des postes de direction dans des entreprises d’armement israéliennes, qui profitent directement de la guerre. La responsabilité de l’État se transforme ainsi en profit privé.”

La Suisse doit respecter et faire respecter le droit international

L’ancien responsable au DFAE de la politique étrangère de la Suisse en faveur des droits humains, Jean-Daniel Vigny, prend alors la parole : “Je me suis joint à Stop Complicity en réaction à la faible réplique de la Suisse devant la terrible situation à Gaza en regard des obligations en droits internationaux humanitaires.”. 

Il explicite : Fin août 2025, 61 ex-diplomates, ont proposé dans une lettre ouverte au Conseil fédéral la prise d’une dizaine de mesures concrètes, qui avaient surtout pour but d’assurer un meilleur respect et à mieux faire respecter le droit international humanitaire par Israël à Gaza. Cette obligation s’étendait aussi aux autorités suisses impliquées et leurs personnes concernées dans le cadre de cette étroite coopération à tous les niveaux avec Tel Aviv, y compris en matière militaire, dont était requise la suspension. Las, rien ou presque n’a hélas été fait…

Il constate: “Il y a donc bien eu volonté délibérée du Conseil fédéral, sous anesthésie d’Ignazio Cassis, de mettre la pédale la plus douce possible sur les atrocités commises par Israël depuis 2023. Une majorité de l’Assemblée Fédérale a également fait preuve d’un manque quasi total d’empathie en adoptant une position d’insigne faiblesse à l’encontre d’Israël sur ces atrocités de masse et la situation humanitaire à Gaza.”

“Nous dénonçons Ignazio Cassis auprès de la Cour pénale internationale”

Me Irène Wettstein, avocate de l’association Stop Complicity, rappelle le cadre : “La Suisse, dépositaire des Conventions de Genève, doit être un acteur majeur pour respecter et faire respecter ce droit. Or, dans la situation de Gaza, notre pays, nos dirigeants ont failli à ce devoir fondamental : rien n’a été fait pour enrayer cette fuite en avant meurtrière. Se taire alors que l’on doit dénoncer, ne rien faire alors que l’on doit agir, c’est contribuer au pire. C’est être complice.

Le Ministère public de la Confédération n’a toujours pas ouvert d’enquête suite à la dénonciation pénale déposée en mai 2025 et dirigée contre M. Ignazio Cassis, Mme Karine Keller-Sutter et M. Guy Parmelin sur ce sujet. 

9 mois plus tard, au vu de cette inaction, c’est donc la Cour pénale internationale qui doit être saisie.

Nous sommes 25 avocat.es de toute la Suisse. Nous dénonçons au Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale des faits qui nous semblent fonder la complicité du Conseiller fédéral Ignazio Cassis pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et le génocide commis par le gouvernement israélien et les forces armées israéliennes dans la bande de Gaza et la Cisjordanie occupée.” déclare-t-elle solennellement.

Elle ajoute : “Aujourd’hui, nous mettons en cause Ignazio Cassis. Il pourrait n’être que le premier sur la liste.

Elle conclut : “L’enclave palestinienne est devenue le tombeau du droit international et humanitaire. L’on ne peut pas laisser prospérer l’impunité des responsables :  auteurs et complices. Sinon c’est le chaos. La loi du plus fort qui s’impose. C’est un devoir fondamental pour  les victimes, pour l’humanité tout entière.”

Arguments juridiques fondant la culpabilité d’Ignazio Cassis

Me Andreas Noll, avocat et membre du comité directeur de humanrights.ch examine la responsabilité directe du conseiller fédéral : 

Le 24 mai 2024, la Cour internationale de justice a statué qu’il existait un risque réel et immédiat qu’Israël commette un génocide. Depuis 2024, les principaux experts en matière de recherche sur le génocide, dont des universitaires israéliens tels qu’Avi Shlaim, sont d’accord qu’Israël commet un génocide à l’encontre des Palestiniens. La commission d’enquête indépendante du Conseil des droits de l’homme a également constaté ce fait le 16 septembre 2025.

Selon la Cour internationale de justice tous les États sont tenus, en vertu de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, d’user de leur influence pour empêcher un génocide, même s’il n’existe qu’un risque de génocide.

En tant que chef du Département fédéral des affaires étrangères, le conseiller fédéral était pleinement conscient de ces obligations.

Il relève que : “Dans ce contexte, IC aurait donc été tenu : de rompre toutes les relations commerciales avec Israël (à l’instar des sanctions contre la Russie), de continuer à financer l’UNWRA afin de permettre aux Palestiniens de retourner dans les territoires occupés illégalement, d’interdire complètement l’exportation d’armes et de biens à double usage et, outre l’abstention de tout soutien matériel, d’user de son influence diplomatique, morale et économique pour empêcher la commission du génocide en question.”

 Et de constater qu’au contraire, “la coopération économique avec Israël est restée bonne (2023 : 1,675 milliard d’euros de volume commercial). Aucune trace des sanctions.. La coopération militaire reste toujours très étroite comme l’a rappelé Me Besonnet.Les exportations de biens à double usage (civil et militaire) vers Israël ont atteint un pic en 2024 (16,7 millions). La Banque nationale suisse investit dans l’industrie de l’armement israélienne (2e trimestre 2025 : 38,1 millions de dollars US).”

Puis de rappeler que : “ Ne l’oublions pas : Monsieur Cassis a été nommé au Conseil fédéral en tant que lobbyiste en chef d’Israël (C’était le vice-président du groupe d’amitié parlementaire Suisse-Israël).”

Soutenez l’action sur stopcomplicity.ch

La conclusion revient à Michel Cornut, président de Stop Complicity :“Nous lançons sur StopComplicity.chune campagne qui permet à tout un chacun de soutenir notre action. Les premiers signataires sont des diplomates de haut rang, des médecins, des professeurs, des artistes de renom de toute la Suisse. 

C’est aussi la campagne de toutes les petites gens de ce pays – dont je suis – qui n’acceptent absolument pas le comportement honteux et déshonorant de leurs dirigeants, et qui aujourd’hui les avertissent : nous ne vous lâcherons pas ; vous vous exposez à des conséquences ; votre impunité n’est en aucun cas garantie”.

2. Texte de la conférence de presse

Introduction

Michel Cornut, président de Stop Complicity

Mesdames, Messieurs, Bonjour.

Je vous remercie de votre participation à cette conférence de presse.

Le 7 octobre 2023, le Hamas commettait des crimes de guerre en Israël que la Suisse a condamné à juste titre. 

Israël décidait alors de “d’effacer Gaza”. Aujourd’hui, c’est fait. Deux millions de personnes – la population de la Suisse Romande – s’entassent sur un territoire plus petit que le canton de Genève ou que le canton de Schaffhouse. Elles vivent sous tentes, souffrent de la faim, de la soif, du froid. Aucun enfant n’atteint le niveau minimum de diversité alimentaire. Les bombardements se poursuivent. Déjà, 71’000 personnes ont été tuées, dont 20’000 enfants, parfois abattus par des snipers. 171’000 personnes ont été blessées.

Selon les organes compétents des Nations Unies, ce sont-là des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et un génocide. Aussi ces organes ont-ils demandé aux Etats membres de prendre des sanctions contre Israël, conformément au droit humanitaire et pénal international. Certains l’ont fait ; en Europe : la Belgique, l’Irlande, l’Espagne. Pas la Suisse. 

De nombreux diplomates et professeurs de droit ont rappelé nos autorités à leurs devoirs, que ce soit en vertu des Conventions de Genève ou de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, notamment. En vain.

Aujourd’hui, avec 25 avocats, nous dénonçons M. le conseiller fédéral Ignazio Cassis auprès de la Cour pénale internationale pour complicité de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de crime de génocide. Aujourd’hui, nous lançons une campagne permettant aux Suissesses et aux Suisses de déclarer – sur internet – leur soutien à cette action en justice.

De la Shoah à Gaza

Jacob Berger, cinéaste, réalisateur de “Un Juif pour l’exemple”

En 1995, le conseiller fédéral Kaspar Villiger déclarait :

« Le timbre “J” – un “J” apposé par la Suisse sur le passeport des réfugiés juifs – fut une concession, une concession contraire à ses objectifs, que la Suisse fit à l’Allemagne.

Ce timbre, la Suisse l’a approuvé en 1938.

Nous avons autrefois fait le mauvais choix au nom d’un intérêt national pris dans son sens le plus étroit.

Le Conseil fédéral regrette profondément cette erreur et tient à s’en excuser, tout en restant conscient que pareille aberration est, en dernier lieu, inexcusable. »

Peu après, la Suisse dut également reconnaître qu’elle avait refoulé des milliers de réfugiés, juifs et non juifs, vers l’Allemagne ou la France occupée, en particulier entre 1942 et 1944 – renvoyant nombre d’entre eux vers une mort presque certaine.

Quelques années plus tard, en 1998, les grandes banques suisses furent contraintes de verser 1,25 milliard de dollars aux organisations juives internationales afin de solder des contentieux liés à la spoliation d’avoirs appartenant à des victimes juives du nazisme, avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale.

C’est également à cette époque que la Suisse dut admettre l’ampleur de ses liens économiques avec le Troisième Reich, notamment son rôle central dans le recyclage de l’or nazi : or spolié aux pays envahis, aux familles juives déportées et – dans certains cas – or d’origine criminelle, directement lié aux victimes des camps d’extermination.

Les travaux historiques ont montré que ces transactions se sont poursuivies jusqu’à la fin de la guerre, y compris après que la réalité des camps d’extermination était largement connue des autorités alliées – et, au moins partiellement, des autorités suisses.

Pour cela aussi, la Suisse a présenté des excuses officielles.

Ces pages comptent parmi les plus sombres de l’histoire de notre pays.

En 2017, lorsque j’ai réalisé Un Juif pour l’exemple, qui retrace l’assassinat d’un marchand de bétail bernois de confession juive par un groupe de nazis suisses, le récit national dominant affirmait encore qu’il n’y avait jamais eu de nazis en Suisse. Le pays se disait entièrement préservé de la peste brune.

On est ainsi passé d’un antisémitisme largement répandu au sein des élites suisses durant l’entre-deux-guerres – élites politiques, diplomatiques, économiques et religieuses – à une négation quasi unanime de cet antisémitisme après 1945.

Il est vrai que, depuis la Seconde Guerre mondiale, la Suisse a cherché à effacer la honte de ses compromissions en menant une politique étrangère largement fondée sur le droit humanitaire, le droit international et les Conventions de Genève – dont elle est la dépositaire.

Que s’est-il donc passé ces dernières années pour que, sous la direction du conseiller fédéral Ignazio Cassis, la Suisse décide de renoncer à ces principes face aux crimes d’un gouvernement allié, en l’occurrence le gouvernement israélien ?

Comment la Suisse a-t-elle pu rester silencieuse face à la destruction massive d’un territoire et de ses infrastructures ?

Comment a-t-elle pu s’abstenir de condamner la mort de dizaines de milliers de civils, parmi lesquels un nombre considérable de femmes et d’enfants, sur une période de plus de deux ans ?

Comment a-t-elle pu regarder ailleurs tandis que des journalistes, des travailleurs humanitaires et des personnels médicaux étaient, à plusieurs reprises, visés par des frappes et des tirs documentés ?

Comment la diplomatie suisse a-t-elle pu acquiescer à la colonisation continue de la Cisjordanie, pourtant illégale au regard du droit international, ou ne pas réagir aux propos ouvertement racistes, parfois génocidaires, tenus par des responsables politiques et militaires israéliens appelant publiquement à l’expulsion ou à l’anéantissement de la population palestinienne ?

Comment l’armée suisse a-t-elle pu maintenir une coopération étroite avec une armée accusée de crimes de guerre, allant jusqu’à organiser des échanges et des formations, et à participer à des projets industriels – notamment dans le domaine des drones – alors même que ces technologies sont utilisées dans des opérations dénoncées par de nombreuses organisations internationales ?

Comment la diplomatie suisse a-t-elle pu relayer une communication officielle israélienne visant à discréditer les ONG humanitaires, refuser de distinguer occupant et occupé, colonisateur et colonisé, et justifier des crimes de masse en les présentant comme une riposte légitime aux attaques terroristes du 7 octobre 2023 ?

Comment la Suisse a-t-elle pu participer au discrédit public de notre compatriote Philippe Lazzarini, directeur de l’UNRWA, accusé sans preuves établies de soutenir le Hamas ?

Comment la Suisse a-t-elle pu tolérer que des citoyens suisses soient interceptés en haute mer lors d’une flottille humanitaire à destination de Gaza ?

Et enfin, comment a-t-elle pu accepter que le « cessez-le-feu » actuel soit presque quotidiennement violé, tandis que se poursuivent des bombardements au Liban, en Syrie et à Gaza, causant de nouvelles victimes civiles, sous les yeux du monde ?

Dans quelques années, d’autres conseillers fédéraux viendront peut-être demander pardon pour ces « mauvais choix », faits « au nom d’un intérêt national pris dans son sens le plus étroit ».

Mais aujourd’hui, nous demandons que ces actes soient examinés à l’aune du droit pénal international, et que les responsabilités politiques et juridiques soient pleinement établies.

Collaboration factuelle de la Suisse

Me Marcel Bosonnet, avocat à Zurich, spécialiste en droit pénal suisse, international et entraide judiciaire internationale en matière pénale

La Suisse aime se présenter comme un pays neutre, humanitaire et attaché au droit international.Mais les faits racontent une autre histoire.

La Suisse n’est pas un observateur impartial.

Elle participe à une étroite coopération militaire et industrielle avec Israël dans le domaine de l’armement.

Les entreprises suisses exportent vers Israël des biens à usage militaire et des biens dits « à double usage », c’est-à-dire des biens pouvant être utilisés sur les champs de bataille.

En 2024, la Suisse a autorisé des exportations de ce type pour une valeur de 16,7 millions de francs.

En 2025, ce chiffre est passé à plus de 25 millions de francs, un record au cours des dix dernières années.

Alors que Gaza est bombardée, les chiffres des biens à usage militaire augmentent.

Les principaux acteurs de cette coopération sont des entreprises telles que Ruag, Alpes Lasers et Elbit Systems Switzerland, une filiale du plus grand fabricant d’armes israélien Elbit Systems en Israël.

Les entreprises suisses fournissent des composants de drones et des technologies laser, qui sont manifestement utilisés dans des opérations militaires dans la bande de Gaza.

Technologie suisse, armes israéliennes, victimes palestiniennes.

Mais cela ne s’arrête pas aux exportations.

Entre 2013 et 2025, des représentants du Département fédéral de la défense se sont rendus plus de 1 200 fois en Israël.

Rien qu’en 2024 et 2025, 25 voyages ont été effectués par le « Commandement des opérations », l’unité responsable de toutes les missions de l’armée suisse.

L’objet de ces voyages, le nombre et l’identité des participants, ainsi que leur durée, sont tenus secrets.

On est loin de la transparence. Et de la neutralité.

À cela s’ajoute un effet de porte tournante systématique :

des hauts fonctionnaires suisses ont pris des postes de direction dans des entreprises d’armement israéliennes, qui profitent directement de la guerre.

La responsabilité de l’État se transforme ainsi en profit privé.

Et la place financière suisse est également impliquée.

La Banque nationale suisse et l’UBS détiennent d’importants paquets d’actions d’Elbit Systems.

Une entreprise dont le carnet de commandes a explosé à plus de 20 milliards de dollars américains après la destruction de la bande de Gaza.

La guerre est rentable, y compris pour les institutions suisses.

Cette coopération aurait dû être suspendue.

Elle ne l’a pas été.

La Suisse viole ainsi ses propres obligations en vertu du droit international.

Dans son rapport intitulé « A Collective Crime », la rapporteuse spéciale des Nations unies Francesca Albanese arrive à une conclusion claire :

19 États sont impliqués dans le génocide à Gaza, dont la Suisse.

La neutralité prend fin au plus tard lorsque des crimes de guerre sont commis ou soutenus en son nom.

La Suisse doit respecter et faire respecter le droit international

Jean-Daniel Vigny, ancien responsable (Ministre) au DFAE de la politique étrangère de la Suisse en faveur des droits humains

1. Je me suis joint à Stop Complicity en réaction à la faible réplique de la Suisse devant la terrible situation à Gaza et dans les autres TPO en regard des obligations en DIH, y compris en matière d’aide humanitaire à l’UNRWA et aux ONG humanitaires sur place. En effet, le Conseil fédéral avait vite réagi en automne 2023 en condamnant avec force cet odieux crime contre l’humanité perpétré par le HAMAS. Mais il a pris un profil bas devant cet ensemble de violations extrêmement graves, flagrantes, massives et donc systématiques du DIH que commet depuis plus de deux ans Israël contre la lettre et l’esprit de la 4ème Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre. Il n’y a pas d’équivoque possible, ces atteintes sont bien documentées et contrôlées, reposant sur quantité de sources d’informations fiables d’origines diverses au plan multilatéral, régional et bilatéral, au niveau du CICR, des media, des témoins et d’ONG de tous bords.

Le DFAE s’est-il seulement souvenu de l’existence de la Convention de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide ? Sa violation a été invoquée de bonne foi par la Secrétaire générale d’AI et la Rapporteuse du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur les TPO lors du podium sur la situation en Palestine, tenu à fin juin à Berne devant une salle comble de plusieurs centaines de jeunes militants. Le DFAE a-t-il examiné dans le détail la question d’un possible crime contre l’humanité au sens de l’article 7 de la CPI, ainsi une « attaque lancée contre la population civile » palestinienne visant à sa « déportation ou à un transfert forcé de sa population », en lien possible avec son « extermination » ou sa « persécution (cf. art. 7/1, let. d et h CPI; cf. aussi art. 7/2 let a, b, d et g CPI)…Et quid des si nombreux crimes de guerre commis par Tsahal (art. 8 CPI)… ?

Il y a donc bien eu volonté délibérée du Conseil fédéral, sous anesthésie de Ignazio Cassis, de mettre la pédale la plus douce possible sur les atrocités commises par Israël depuis 2023. Une majorité de l’Assemblée Fédérale a également fait preuve d’un manque quasi total d’empathie en adoptant une position d’insigne faiblesse à l’encontre d’Israël sur ces atrocités de masse et la situation humanitaire à Gaza et dans les autres TPO.

En résumé, les autorités suisses ont respecté et fait respecter le droit international dans le cas de l’attaque terroriste du HAMAS, mais pas dans le cas de la campagne militaire outrancière d’Israël ! Il y a bel et bien eu deux poids, deux mesures en l’espèce sur la mise en œuvre du DIH de Genève !

2. Fin août 2025, 61 ex-diplomates, ont proposé dans une lettre ouverte au Conseil fédéral la prise d’une dizaine de mesures concrètes, qui avaient surtout pour but d’assurer un meilleur respect et à mieux faire respecter le DIH de Genève par Israël à Gaza et dans les TPO. Cette obligation s’étendait aussi aux autorités suisses impliquées et leurs personnes concernées dans le cadre de cette étroite coopération à tous les niveaux avec Tel Aviv, y compris en matière militaire, dont était requise la suspension. Las, rien ou presque n’a hélas été fait…

Devant ce manque patent d’empathie des autorités fédérales face aux énormes souffrances des personnes civiles palestiniennes, que peut faire la société civile suisse quand ne sont même plus observés les « principes du droit des gens, les principes de l’humanité et les exigences de la conscience publique » ? La réponse est notre dénonciation Stop Complicity, que ses auteurs principaux vous présentent ce matin dans le détail.

3.. Soyons réalistes, il y a peut-être une 3ème voie permettant de s’abstraire du conflit armé à Gaza et dans les autres TPO en adoptant une approche tous azimuts 1). Etat dépositaire, la Suisse neutre en est donc leur gardienne. Il n’existe à vrai dire pas, pour notre pays, d’obligation en droit international de faire davantage que tout autre Etat partie aux Conventions pour « respecter et faire respecter en toutes circonstances » le DIH de Genève. Mais Berne ne pourrait-il pas prendre une initiative diplomatique en vue d’un engagement politique spécial de la Suisse visant à mieux protéger les personnes civiles en temps de guerre, et cela dans toute situation potentielle de conflit armé… Dans cette perspective, peut-on s’imaginer que la Suisse tente d’adopter une approche inclusive abstraite, tous azimuts, non personnalisée de toute situation de conflit armé international ou non-international ? Ainsi, on pourrait viser la mise en œuvre de la 4ème Convention de manière générale, en nous engageant à titre de prévention, d’éducation et de formation pour la respecter et la faire respecter, de même que ses PA I et II. Un tel engagement aurait vraisemblablement plus de chances d’être accepté dans la mesure où ne serait pas examinée une situation donnée de conflit armé, mais toute situation potentielle de conflit armé international ou non-international.

Il faut bien avouer que le DIH de Genève contient de bien trop nombreux articles, qui sont en plus souvent difficiles à comprendre et à mettre en œuvre sur le plan pratique dans le terrain. Or, il existe dans la Base de données de traités en DIH du CICR de très nombreux Commentaires pratiques des dispositions de la 4ème Convention et des PA I et II. C’est là un remarquable exercice intellectuel, qu’on pourrait porter sur le plan opérationnel. Serait-il ainsi possible d’identifier, collecter, répertorier et collationner les plus concrets de ces commentaires sur les dispositions essentielles de la 4ème, aux fins de les rassembler en un vade me cum étendu, une boite à outils mise à disposition des Etats et des acteurs non étatiques visés au PA 1 (at.1/4) et au PA2 (art. 1/1)….

Voilà, ce sont là en l’état de toutes 1ères réflexions sur la question, merci

Nous dénonçons Ignazio Cassis auprès de la CPI

Me Irène Wettstein, avocate à Vevey, co-fondatrice de l’asssociation Avocat.es pour le Climat

Le droit public international, le droit humanitaire sont des piliers de l’ordre mondial. La Suisse, dépositaire des Conventions de Genève, doit être un acteur majeur pour respecter et faire respecter ce droit. Or, dans la situation de Gaza, notre pays, nos dirigeants ont failli à ce devoir fondamental : rien n’a été fait pour enrayer cette fuite en avant meurtrière.

Se taire alors que l’on doit dénoncer. Ne rien faire alors que l’on doit agir. C’est contribuer au pire. C’est être complice. 

Au mois de mai 2025, le Ministère public de la Confédération a été saisi d’une dénonciation pénale dirigée contre trois membres actuels du Conseil fédéral, soit M. Ignazio Cassis, Mme Karine Keller-Sutter et M. Guy Parmelin et contre l’ancienne membre du Conseil fédéral, Mme Viola Amherd pour complicité aux infractions de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, éventuellement de génocide, infractions poursuivies d’office, au sens du droit suisse et du droit international.

9 mois plus tard, le MPC n’a toujours pas ouvert d’enquête.

Au vu de cette inaction, c’est donc la Cour pénale internationale qui doit être saisie.

Selon le Statut de Rome, qui institue la CPI, un membre d’un gouvernement peut être condamné pour complicité de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide.

Il ne peut se prévaloir de son immunité au motif de la prétendue « nature politique » des actes qu’il a commis .

La complicité couvre le fait d’aider, encourager ou assister, notamment en fournissant les moyens de commettre les crimes.

ll n’est pas nécessaire que le complice partage l’intention génocidaire de l’auteur.

Par contre, cette contribution doit être faite en pleine connaissance de l’intention du groupe de commettre ce crime. 

Tout individu, organisation peut communiquer des renseignements sur des crimes graves au Bureau du Procureur et déclencher un examen préliminaire.

En France, le 22 juillet 2025, 114 avocats ont dénoncé à la CPI des membres de l’exécutif français, dont Emmanuel Macron, Président.

En Italie, le 14 octobre 2025, 52 avocats ont dénoncé à la CPI des membres de l’exécutif italien, dont la Présidente du Conseil Giorgia Meloni.

C’est ce que nous faisons aujourd’hui en Suisse.

Wir sind 25 Anwälte aus der ganzen Schweiz. Wir melden der Staatsanwaltschaft des Internationalen Strafgerichtshofs Tatsachen, die unserer Meinung nach die Mittäterschaft von Bundesrat Ignazio Cassis an Kriegsverbrechen, Verbrechen gegen die Menschlichkeit und Völkermord durch die israelische Regierung und die israelischen Streitkräfte im Gazastreifen und im besetzten Westjordanland begründen.

Siamo 25 avvocati provenienti da tutta la Svizzera. Denunciamo all’Ufficio del Procuratore della Corte penale internationale i fatti che riteniamo costituiscano la complicità del Consigliere federale Ignazio Cassis nei crimini di guerra, crimini contro l’umanità e nel genocidio commessi dal governo israeliano e dalle forze armate israeliane nella Striscia di Gaza e nella Cisgiordania occupata.

Nous sommes 25 avocat.es de toute la Suisse. Nous dénonçons au Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale des faits qui nous semblent fonder la complicité du Conseiller fédéral Ignazio Cassis pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et le génocide commis par le gouvernement israélien et les forces armées israéliennes dans la bande de Gaza et la Cisjordanie occupée.

L’enclave palestinienne est devenue le tombeau du droit international et humanitaire. 

L’on ne peut pas laisser prospérer l’impunité des responsables :  auteurs et complices.

Sinon c’est le chaos. La loi du plus fort qui s’impose. 

C’est plus qu’un nécessaire examen de conscience. 

C’est un devoir fondamental pour  les victimes, pour l’humanité tout entière. 

Nous agissons comme avocats, pénalistes et comme citoyens.
Des personnalités (diplomates notamment) sont les premiers soutiens de cette action. 

La société civile dans son ensemble est invitée à soutenir cette démarche.

Aujourd’hui, nous mettons en cause Ignazio Cassis. Il pourrait n’être que le premier sur la liste. 

En effet, le Bureau du Procureur a toute latitude d’étendre son examen à l’égard d’autres membres de notre gouvernement, anciens membres, fonctionnaires ou entrepreneurs.

Arguments juridiques fondant la culpabilité d’Ignazio Cassis

Me Andreas Noll, avocat à Bâle, spécialiste FSA en droit pénal et membre du comité directeur de humanrights.ch

Nous estimons qu’IC a aidé et encouragé les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide commis par l’État d’Israël à l’encontre de la population civile palestinienne dans les territoires occupés, en particulier à Gaza, mais aussi en Cisjordanie, au sens de l’article 25, paragraphe 3, lettres c et d, du Statut de Rome, qui est entré en vigueur le 1er juillet 2002 pour la Suisse et le 1er avril 2015 pour la Palestine. Pourquoi ?

C’est le chef de l’Office fédéral des affaires étrangères. Il est le plus haut responsable du département et influence ainsi la politique étrangère, en particulier à l’égard d’Israël. Il dispose d’un pouvoir d’action total. Dans l’exercice de ses fonctions, il n’est pas totalement libre, mais lié par des traités internationaux dans lesquels la Suisse a pris des engagements contraignants, à savoir le Statut de Rome et les Conventions de Genève, pour lesquels la Suisse a pris des engagements particuliers en tant qu’État dépositaire. En adhérant à l’ONU le 10 septembre 2002, la Suisse a également reconnu l’autorité et la force juridique contraignante de la Cour internationale de justice et s’est engagée à mettre en œuvre ses décisions.

Le 24 mai 2024, la CIJ a statué qu’il existait un risque réel et immédiat qu’Israël commette un génocide. Dans son avis consultatif du 19 juillet 2024, demandé par l’Assemblée générale des Nations unies, elle a également déclaré que tous les États ont l’obligation de ne pas reconnaître comme légitime la situation résultant de la présence illégale d’Israël dans le territoire palestinien occupé et de ne fournir aucune aide ou assistance pour maintenir cette situation. Le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale a émis deux mandats d’arrêt contre Netanyahu et Galant pour divers crimes de guerre. Le 14 juin 2024, la Commission d’enquête internationale indépendante sur le territoire palestinien occupé a publié un rapport détaillé sur les atrocités commises par l’armée israélienne à Gaza et en Cisjordanie, , notamment des violations flagrantes du droit international humanitaire telles que l’instrumentalisation systématique du blocus total de l’accès aux biens de première nécessité comme l’eau et la nourriture, ce qui constitue clairement un crime de guerre.

Le rapport de la rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, transmis à l’Assemblée générale le 1er octobre 2024, a conclu que le génocide à Gaza faisait partie d’un programme délibérément orchestré de nettoyage ethnique.

Après que les principaux experts en matière de recherche sur le génocide, dont des universitaires israéliens tels qu’Avi Shlaim, se soient mis d’accord depuis le milieu de l’année 2024 sur le fait qu’Israël commettait un génocide à l’encontre des Palestiniens, la commission d’enquête indépendante du Conseil des droits de l’homme a également constaté ce fait le 16 septembre 2025.

À cela s’ajoute, outre les obligations contraignantes de la CIJ découlant de l’avis consultatif du 19 juillet 2024, l’obligation pour tous les États, énoncée dans la décision de la CIJ dans l’affaire Nicaragua c. Allemagne du 30 avril 2024, d’utiliser tous les moyens raisonnablement à leur disposition pour empêcher, dans la mesure du possible, le génocide.

Enfin, dans son arrêt du 26 février 2007 dans l’affaire Bosnie-Herzégovine c. Serbie, la CIJ a décidé que tous les États sont tenus, en vertu de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, d’user de leur influence pour empêcher un génocide, même s’il n’existe qu’un risque de génocide.

En tant que chef du DFAE, le Conseiller Fédéral Ignazio Cassis était pleinement conscient de ces obligations.

À cela s’ajoutent les obligations découlant de la loi sur le matériel de guerre : l’art. 22a, al. 2, interdit l’exportation vers des zones de conflit (let. a), des zones où des violations graves et systématiques des droits de l’homme sont commises (let. b) et des zones où il existe un risque élevé d’utilisation contre la population civile (let. c).

Il en va de même selon l’art. 6 du Traité sur le commerce des armes de l’ONU du 30 janvier 2015 : Savoir que ces armes pourraient être utilisées pour commettre un génocide, des crimes contre l’humanité, des violations graves des Conventions de Genève de 1949, des attaques contre des civils ou des biens civils protégés en tant que tels, ou d’autres crimes de guerre tels que définis dans les instruments internationaux auxquels ils sont parties.

Dans ce contexte, Ignazio Cassis aurait donc été tenu :

  • De rompre toutes les relations commerciales avec Israël (à l’instar des sanctions contre la Russie ; aucune aide ni aucun soutien (décision du 30 avril 2024 dans l’affaire Nicaragua c. Allemagne ; avis consultatif de la CIJ du 19 juillet 2024 ; aucune aide ni aucun soutien au génocide des Palestiniens par Israël)
  • de continuer à financer l’UNWRA afin de permettre aux Palestiniens de retourner dans les territoires occupés illégalement (pas de reconnaissance de l’occupation illégale comme légitime)
  • d’interdire complètement l’exportation d’armes et de biens à double usage (avis consultatif de la CIJ du 19 juillet 2024 ; pas d’aide ni de soutien au maintien du génocide)

La Suisse est en outre tenue, outre l’abstention de tout soutien matériel, d’user de son influence diplomatique, morale et économique pour empêcher la commission du génocide en question.

Qu’a fait Ignazio Cassis ?

La coopération économique avec Israël reste bonne (2023 : 1,675 milliard d’euros de volume commercial). Aucune trace de sanctions.

Une coopération militaire toujours très étroite comme l’a rappelé Me Besonnet

Entre octobre 2023 et avril 2024, vingt autorisations d’exportation de biens à double usage vers Israël ont été accordées à dix-sept entreprises suisses. Vingt-et-une autorisations d’exportation de biens spécifiquement militaires ont été accordées à quatre entreprises suisses.

Les exportations de biens à double usage (civil et militaire) vers Israël ont atteint un pic en 2024 (16,7 millions).

La Banque nationale suisse investit dans l’industrie de l’armement israélienne (2e trimestre 2025 : 38,1 millions de dollars US). Il en va de même pour UBS (2e trimestre 2025 : 75,7 millions de dollars US) qui investit dans des actions d’Elbit Systems.

La Suisse, en tant qu’État dépositaire, refuse de convoquer une assemblée générale des États parties à la Convention de Genève (soutien moral).

Soutien juridique et diplomatique aux doubles nationaux suisse-israéliens dans les colonies illégales des territoires occupés

Concernant les exportations d’armes et de biens à double usage qui n’auraient en aucun cas dû être exportés, le seco a écrit (Beobachter du 23.1.26) : aucune information, mais chaque demande d’autorisation est examinée très attentivement. Quiconque examine minutieusement a une intention, si aucune arme et aucun bien à double usage ne peuvent être exportés.

Et n’oublions pas : IC a été nommé au Conseil fédéral en tant que lobbyiste en chef d’Israël (vice-président du groupe d’amitié parlementaire Suisse-Israël).

Le droit international public et le droit international doivent être respectés, et la Suisse doit tout mettre en œuvre pour que cela soit également le cas à l’étranger.

La condition préalable à un ordre mondial pacifique est le caractère contraignant et l’applicabilité des règles de coexistence pacifique, en bref, la primauté du droit. C’est là le sens et l’objectif du droit international et du droit international public. Si les violations du droit commises par des personnes exerçant des fonctions étatiques ne sont pas sanctionnées, le droit perd son caractère contraignant. Si les puissants de ce monde peuvent faire tout ce qu’ils veulent, que le droit international l’interdise ou non, alors la guerre, la terreur et le chaos règnent. Israël et les États-Unis nous le démontrent chaque jour. Mais ce n’est qu’un côté de la médaille. Le revers de la médaille, c’est la tolérance de la communauté internationale, qui laisse Israël et les États-Unis plonger le monde dans la guerre, la terreur et le chaos sans les sanctionner. Elle devient ainsi complice d’Israël et des États-Unis. Il en va de même pour IC, qui protège activement les agissements criminels de ces États. Il fait ainsi de la Suisse un allié du terrorisme d’État.

Vous pouvez vous représenter cela comme si, du jour au lendemain, plus aucun crime n’était poursuivi en Suisse et qu’ils n’étaient donc plus punissables que sur le papier. Les lois deviendraient alors de simples morceaux de papier. Le pillage, le vol et le meurtre se multiplieraient sans entrave. Cela signifierait le retour à la loi du plus fort, à l’institutionnalisation de la violence au lieu du droit, au chaos au lieu de l’ordre, au pouvoir au lieu du droit, et aboutirait finalement à une guerre de tous contre tous. Cela serait inimaginable. Cette inimaginabilité est précisément déclarée comme le seul principe déterminant entre les États par Israël et les États-Unis. L’État peut et doit exiger le respect de la loi non seulement de ses citoyens, mais inversement, les citoyens doivent également défendre sans condition le respect de la loi par les États et l’exiger sans relâche et avec détermination de leur propre État et de tous les autres États. Car l’État n’existe jamais pour lui-même, mais uniquement pour le bien et dans l’intérêt des citoyens. Si le citoyen enfreint la loi, il devient un criminel. En revanche, si l’État enfreint la loi, il devient une organisation criminelle terroriste.

Soutenez l’action sur stopcomplicity.ch

Michel Cornut, président de Stop Complicity

Je remercie nos intervenants. 

Mesdames, Messieurs,

Nous lançons sur StopComplicity.ch une campagne qui permet à tout un chacun de soutenir notre action. Les premiers signataires sont des diplomates de haut rang, des médecins, des professeurs, des artistes de renom de toute la Suisse. 

C’est aussi la campagne de toutes les petites gens de ce pays – dont je suis – qui n’acceptent absolument pas le comportement honteux et déshonorant de leurs dirigeants, et qui aujourd’hui les avertissent : nous ne vous lâcherons pas ; vous vous exposez à des conséquences ; votre impunité n’est en aucun cas garantie.